Mon premier mandat exclusif : le jour où deux chiens m’ont montré le chemin
Mon histoire – Épisode 1
Certaines histoires commencent par une décision mûrement réfléchie. D’autres naissent d’une rencontre, d’une poignée de main ou d’un concours de circonstances totalement improbable.
La mienne a peut-être commencé grâce à deux chiens noirs, un vélo et une vingtaine de flyers qu’il me restait à distribuer…
Tout quitter pour recommencer
Avant de devenir mandataire immobilier, j’ai passé trente années dans la même entreprise agroalimentaire. Pendant quinze ans, j’ai sillonné Paris comme commercial, à la rencontre des restaurateurs, des cafés et des boîtes de nuit.
J’aimais le contact humain, mais je sentais qu’un cycle se terminait. J’avais besoin d’indépendance, d’un nouveau défi et, sans doute aussi, de me prouver que j’étais encore capable de prendre un nouvel envol.
Avec ma compagne Élisabeth, nous avons alors pris une décision considérable : quitter notre vie en région parisienne et repartir de zéro du côté de Toulouse.
C’est Élisabeth qui, la première, a imaginé cette nouvelle voie pour moi. Elle regardait régulièrement Stéphane Plaza à la télévision et m’a lancé un jour :
« JP, pourquoi tu ne ferais pas de l’immobilier ? »
Elle avait vu en moi quelque chose que je n’avais pas encore osé envisager.
Ma rencontre avec Optimhome
En 2015, j’ai contacté plusieurs réseaux immobiliers. Parmi eux, il y avait notamment SAFTI, iad et Optimhome.
Puis j’ai rencontré Julien Ceto, qui était alors recruteur chez Optimhome. Le courant est immédiatement passé. J’ai apprécié sa façon de me présenter l’entreprise, son fonctionnement et ses valeurs.
Je me suis dit : « Allez, banco, j’y vais ! »
J’ai suivi mes premières semaines de formation, notamment à Bordeaux, puis il a fallu affronter la réalité du terrain.
Je venais d’arriver dans une région où je ne connaissais pratiquement personne. Je connaissais à peine mon voisin. Il fallait donc créer mon réseau, apprendre mon nouveau métier et surtout aller à la rencontre des habitants.
Un trottoir chacun
Un jour, Élisabeth et moi sommes partis prospecter ensemble. Nous avions pris chacun un côté du trottoir et nous distribuions mes flyers dans les boîtes aux lettres.
Vers 16 h ou 16 h 30, nous sommes rentrés fatigués.
Élisabeth m’a dit qu’elle allait se reposer et regarder un peu la télévision. De mon côté, il me restait encore une vingtaine de flyers dans les mains.
J’aurais parfaitement pu les conserver pour le lendemain. Mais j’ai pris mon vélo en me disant :
« Je vais terminer ma distribution. Cela me fera du bien. »
Nous habitions alors chemin de la Vieille, à proximité d’un grand champ qui allait prendre une importance inattendue dans la suite de mon histoire.
Je suis parti dans la direction opposée à celle que nous avions prospectée durant la journée. La route se terminait en impasse et quelques maisons étaient disséminées le long du chemin.
La maison d’Amityville
Je suis arrivé devant une maison particulièrement austère. À mes yeux, elle ressemblait presque à la maison d’Amityville !
Un grand mur la séparait de la route. Sur la boîte aux lettres et aux abords de la propriété, plusieurs avertissements étaient affichés : publicité interdite, défense d’approcher, chien méchant…
Mais, à ce moment-là, je n’avais qu’une règle en tête :
Une boîte aux lettres, un flyer.
Je me suis donc approché et j’ai déposé ma publicité.
Les chiens méchants n’étaient pas une invention. Derrière le mur, deux grands chiens noirs se sont mis à bondir en aboyant. Je n’apercevais que leurs têtes qui apparaissaient et disparaissaient au-dessus du mur, comme s’ils sautaient sur un trampoline.
J’ai rapidement repris mon vélo et poursuivi ma distribution.
Arrivé au bout de la route, j’ai regardé en direction du champ. À ma grande surprise, les deux chiens se trouvaient maintenant au milieu de celui-ci. Immobiles, ils me fixaient.
Pour rentrer chez moi, je devais obligatoirement repasser devant eux.
J’ai posé mon vélo et me suis adossé à un mur. J’étais coincé entre les deux chiens et un terrain occupé par une famille de voyageurs. Je ne savais absolument pas comment sortir de cette situation.
Une rencontre inattendue
Un homme est alors arrivé en voiture avec sa mère. Il s’est arrêté à ma hauteur et m’a demandé :
« Bonjour, vous attendez quoi ? »
Je lui ai répondu :
« J’attends de pouvoir rentrer chez moi. »
Surpris, il m’a demandé ce qui m’en empêchait. Je lui ai montré les deux chiens qui attendaient au milieu du champ.
Il les a regardés et m’a simplement répondu :
« Ah oui… ce n’est pas bon, ça ! »
Je lui ai expliqué que si je tentais de passer, je risquais de ne plus avoir ni vélo ni jambes à l’arrivée.
Cet homme, qui s’appelait Pablo, m’a alors proposé de traverser leur terrain afin de rejoindre une autre route située derrière le camp.
« Si quelqu’un vous demande quelque chose, dites que vous venez de ma part. »
Grâce à lui, j’ai emprunté un passage dont j’ignorais totalement l’existence. Je me suis retrouvé sur une nouvelle route, de l’autre côté du champ, avec mon vélo et mes derniers flyers.
Puisque j’étais là, j’ai continué ma distribution.
Je suis arrivé dans une petite impasse et j’ai déposé mes derniers prospectus dans les boîtes aux lettres .
Ma mission était terminée. J’ai ensuite fait un grand détour pour rentrer chez moi, sans imaginer une seule seconde ce que cette aventure venait de déclencher.
Le premier appel
Deux ou trois jours plus tard, alors que j’étais de nouveau en prospection, mon téléphone a sonné.
Au bout du fil, un couple m’a expliqué :
« Vous avez laissé quelque chose dans notre boîte aux lettres… »
Il s’agissait de Monsieur et Madame Genoud, qui habitaient justement dans cette petite impasse où je n’aurais jamais mis les pieds sans les chiens et l’aide de Pablo.
Nous avons pris rendez-vous.
Ils vivaient à Cugnaux, au sud de Toulouse, dans une jolie maison des années 1980 restée dans son jus. Monsieur et Madame Genou y avaient passé plus de trente-cinq années. Cette maison contenait toute leur vie, leurs souvenirs et une partie de leur histoire familiale.
Ils m’ont ouvert leur porte, puis ils m’ont accordé leur confiance.
C’est ainsi que j’ai signé mon tout premier mandat exclusif.
Bien davantage qu’un mandat
La vente a pris du temps, mais Monsieur et Madame Genou sont toujours restés adorables avec moi.
Après chaque visite, je les appelais pour leur faire un compte rendu. Chaque fois que je passais les voir, je repartais avec un petit panier d’aubergines ou de tomates de leur jardin. Et lorsque j’arrivais à l’heure de l’apéritif, celui-ci m’attendait souvent !
Une véritable relation humaine s’était créée.
Avec l’aide d’un collègue, nous avons finalement trouvé la bonne solution : diviser la propriété afin de vendre séparément une partie du terrain et la maison.
Monsieur et Madame Genou ont ainsi pu concrétiser leur projet et partir vivre en Suisse pour se rapprocher de leur enfant.
Je me souviens encore de notre première poignée de main. Mais je me souviens tout autant de la dernière.
La morale de cette histoire
Aujourd’hui, plus de dix ans après, je pense encore régulièrement à cette journée.
Si je n’avais pas décidé de distribuer mes vingt derniers flyers, si les chiens ne s’étaient pas échappés, si Pablo ne m’avait pas proposé de traverser et si je n’avais pas découvert cette route inconnue, je n’aurais probablement jamais rencontré Monsieur et Madame Genoud.
Mon premier mandat ne m’attendait pas sur le chemin que j’avais choisi. Il se trouvait sur celui que les circonstances m’ont obligé à emprunter.
La vie ne nous conduit pas toujours là où nous avions prévu d’aller. Mais derrière certains détours se cachent parfois les rencontres qui peuvent changer tout notre parcours.
Et depuis ce jour, je sais qu’une simple poignée de main, lorsqu’elle est sincère, peut être le commencement d’une très longue histoire.